Découvrez comment la Péninsule Ibérique développe un circuit d'investissement responsable et participe à la transition énergétique en Espagne.
Saviez-vous que la Péninsule Ibérique représentait une formidable opportunité de développer le circuit de l’investissement responsable via le financement participatif ? Prometteuse, cette solution qui sort des circuits bancaires traditionnels permet de flécher votre épargne vers des initiatives citoyennes concrètes et durables. À travers l’interview de José María González Moya, Directeur général d’APPA Renovables, découvrons les opportunités et enjeux du marché espagnol !

APPA Renovables est l’Association des Entreprises d’Énergies Renouvelables, l’organisation la plus ancienne du secteur en Espagne. Depuis 1987, nous représentons près de 500 entreprises qui œuvrent dans toutes les technologies renouvelables : solaire photovoltaïque, éolien, biomasse, biogaz, hydraulique, énergie marine, autoconsommation et biocarburants.
Notre mission, en résumé, est de développer les énergies renouvelables en Espagne. Plus précisément, nous cherchons à promouvoir un modèle énergétique durable, efficace, sûr et compétitif, reposant principalement sur des sources renouvelables et ainsi réduire la dépendance énergétique de l’Espagne vis-à-vis des importations fossiles.
Nous défendons un cadre réglementaire stable et prévisible qui permette aux entreprises des énergies renouvelables de développer de manière équilibrée toutes les technologies propres et de les intégrer progressivement dans tous les usages énergétiques : électricité, chaleur et transport.
En Espagne, la production d’électricité renouvelable repose essentiellement sur 3 piliers : l’éolien, le photovoltaïque et l’hydraulique. En complément, la bioénergie (biomasse et biocarburants) et, à l’avenir, le biogaz, occupent également une place importante. Ces 6 dernières années, l’Espagne a connu une forte croissance du solaire photovoltaïque, notamment à grande échelle, mais aussi dans l’autoconsommation, qui a explosé depuis 2018, avec un pic en 2022. L’éolien reste la principale source d’électricité (renouvelable ou non) et l’hydraulique offre une grande capacité de régulation, qui pourrait encore croître à moyen terme avec le stockage par pompage.
Par ailleurs, nous observons un intérêt croissant pour des technologies comme le biogaz et le biométhane, qui sont au cœur de notre section la plus récente, et qui sont fondamentaux pour les secteurs difficilement électrifiables. Le développement stratégique de l’hydrogène renouvelable est aussi notable. Enfin, les énergies thermiques renouvelables, telles que la biomasse, sont clés pour la décarbonation de l’industrie et du chauffage/climatisation.
Nous le sommes, mais avec des nuances et encore beaucoup de chemin à parcourir ! En 2023, nous avons dépassé pour la première fois les 50 % de production d’électricité renouvelable, devenant ainsi la 1ʳᵉ grande économie européenne à y parvenir sans dépendre fortement de l’hydroélectricité. En 2024, nous avons frôlé les 57 %, un chiffre qui sera probablement à nouveau dépassé en 2025.
L’Espagne est riche en ressources naturelles — soleil, vent, eau, biomasse — et nous avons une industrie nationale puissante dans bon nombre de ces technologies. Mais il reste des défis majeurs : une électrification encore insuffisante, une intégration trop lente des renouvelables dans des secteurs comme le transport, un besoin accru de flexibilité et de stockage, ainsi que des déséquilibres entre technologies, ou entre offre et demande, qui perturbent les marchés de gros. Nous avons le potentiel pour devenir un leader incontesté, mais cela nécessite des décisions courageuses et stratégiques.
Le PNIEC — en particulier sa mise à jour adoptée en 2024 — fixe des objectifs ambitieux, ce qui est positif. Il rehausse les objectifs en matière de renouvelables et de décarbonation, renforce le rôle de l’efficacité énergétique et intègre des axes autour du stockage et de la gestion de la demande. Mais les objectifs seuls ne suffisent pas.
Ils doivent être accompagnés de mesures concrètes, d’investissements, de simplification des démarches administratives et d’une planification adéquate des réseaux. Le PNIEC constitue une feuille de route claire, mais encore faut-il mettre les moyens nécessaires pour qu’il soit mis en œuvre. Sans cela, nous resterons au stade de l’intention. Actuellement, 2 enjeux majeurs se posent :
Le PNIEC doit s’accompagner de mesures correctives à chaque mise à jour. Sinon, nous empilerons des objectifs sans analyser ce qui bloque ou manque dans notre transition énergétique. Il doit être respecté dans toute sa dimension, c’est-à-dire tant du côté de l’offre (où nous avançons bien) que de la demande (où nous n’arrivons pas à transformer suffisamment les usages énergétiques).
Les collectivités locales sont des acteurs clés. Elles connaissent le territoire mieux que quiconque, peuvent faciliter l’instruction des projets de grande envergure, mais aussi impulser l’autoconsommation, les communautés énergétiques, l’efficacité énergétique ou les réseaux de chaleur renouvelables. Elles doivent montrer l’exemple avec leurs propres bâtiments et flottes de véhicules et peuvent agir comme catalyseurs de l’investissement dans les énergies renouvelables, notamment en zones rurales. La transition énergétique a une dimension locale évidente et son succès dépendra fortement de l’engagement et de la participation active des municipalités et des régions.
Dans notre rapport annuel sur l’autoconsommation photovoltaïque ou l’étude macroéconomique des énergies renouvelables en Espagne, nous analysons les données par région et constatons des différences notables. À leur échelle, les collectivités peuvent vraiment faire pencher la balance. Elles peuvent faciliter les autorisations pour les grandes installations, accompagner la communication autour des projets, offrir des exonérations fiscales locales pour l’autoconsommation, les pompes à chaleur ou les véhicules électriques — autant d’outils qu’elles peuvent utiliser pour accélérer la transformation.
Le crowdfunding et autres modèles participatifs sont des outils très utiles pour démocratiser l’énergie. Ils permettent aux citoyens et petites entreprises d’investir dans les énergies renouvelables, d’en tirer un rendement et, en même temps, de se sentir partie prenante de la transition. Ils favorisent l’acceptabilité sociale des projets et rapprochent l’énergie du territoire. Il est important que la réglementation facilite leur développement, garantisse la sécurité des petits et grands investisseurs et soutienne des dispositifs comme les communautés énergétiques ou l’autoconsommation partagée.
Pour les entreprises, ce sont également des modèles très intéressants : non seulement comme levier de financement, mais aussi comme moyen d’impliquer les citoyens et les PME – souvent locales – dans les projets développés sur leur territoire, ce qui renforce leur adhésion.
Dans les 5 prochaines années, l’Espagne doit concentrer ses efforts sur l’électrification de l’économie, notamment dans des secteurs clés comme la mobilité et l’industrie, encore trop dépendants des énergies fossiles. Ce processus contribuera à réduire les émissions, mais aussi à améliorer l’efficacité énergétique du pays. En parallèle, il est essentiel de développer le stockage énergétique, en priorité par pompage, ainsi que la flexibilité de la demande – 2 éléments indispensables pour intégrer davantage d’énergies renouvelables dans le système électrique tout en assurant sa stabilité. Une autre priorité est l’amélioration de la planification et des investissements dans les infrastructures de réseau. Les réseaux électriques doivent pouvoir gérer un modèle énergétique plus distribué et plus variable, en facilitant le raccordement des nouvelles productions renouvelables et de l’autoconsommation. Il est donc urgent d’accélérer les démarches administratives et d’accès au réseau, qui constituent aujourd’hui un goulot d’étranglement pour de nombreux projets !
Pour les secteurs où l’électrification n’est pas possible ou pas rentable, les gaz renouvelables – comme le biogaz, le biométhane et l’hydrogène vert – joueront un rôle fondamental. L’Espagne a un potentiel important dans ce domaine, qu’il faut pleinement exploiter. Il est aussi essentiel de former les professionnels de demain, de soutenir la recherche et le développement technologique et de renforcer l’industrie nationale liée aux énergies propres, afin de garantir un leadership durable et compétitif. Enfin, la transition énergétique doit être juste et inclusive. Il faut s’assurer qu’aucun territoire ni citoyen ne soit laissé de côté – que ce soit en achetant de l’énergie verte ou en s’engageant directement via l’autoconsommation, l’électrification du logement ou l’usage des énergies thermiques renouvelables. Chez APPA Renovables, nous travaillons chaque jour dans cet objectif, convaincus qu’une transition énergétique solide et équitable est le meilleur investissement que notre pays puisse faire pour garantir un avenir prospère, résilient et durable.
N’hésitez pas à contacter le Service Relation Investisseurs d’Enerfip afin d’être accompagné dans vos démarches.
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