Examinons de plus près le troisième programme énergétique pluriannuel (PPE 3). Le 13 février, le gouvernement français a élaboré une nouvelle feuille de route énergétique.
Regardons de plus près le troisième Programme énergétique pluriannuel (PPE 3). Le 13 février, le gouvernement français a rédigé un nouveau feuille de route énergétique. Il explique comment produire plus une énergie verte, française et compétitive afin de préserver notre souveraineté et de réduire notre dépendance à l'égard des importations.
Après avoir lu la PPE 3 (232 pages, ce n'est pas vraiment facile à lire 😅), voici les principaux points à retenir, ainsi qu'un accent particulier sur bioénergie.
Bonne lecture ! 👀
« Ce PPE 3 a le mérite d'éviter un effondrement brutal du secteur en fournissant au moins une orientation à court terme. Mais cela reflète également une inquiétante perte d'ambition, notamment en matière d'énergie solaire. La France a besoin d'une feuille de route claire, stable et cohérente pour réussir sa transition énergétique. » Julien Hostache, président et cofondateur d'Enerfip
Après trois ans d'attente, le nouveau Programme énergétique pluriannuel (PPE 3) apporte une plus grande visibilité au secteur de la transition écologique et énergétique, mais soulève également de nombreuses questions quant à la trajectoire de la France en matière d'énergies renouvelables.
Parmi les points clés à retenir, la France confirme son intention de passer 2035 à un mix énergétique composé de 60 % d'énergie à faible émission de carbone. Le pays vise à atteindre 585 TWh de production d'électricité verte d'ici 2030 et jusqu'à 693 TWh d'ici 2035. Cependant, le déploiement de énergie solaire et éolienne terrestre devrait ralentir de manière significative. Les ambitions solaires sont fixées à 3,5 GWp par an, par rapport à 6 GWp en 2025, représentant un Baisse de 40 %.
Les objectifs liés à l'éolien offshore se distinguent toutefois de ceux de l'éolien terrestre, avec l'ambition de 15 GW installés d'ici 2035. Contrairement à TUYAU 2, qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs, PPE 3 marque un tournant en relance de l'énergie nucléaire. Pour y parvenir, le gouvernement français prévoit de prolonger la durée de vie du parc existant et construire six EPR2 (Evolutionary Power Reactor 2) unités.
Bien que la PPE 3 clarifie le cadre, elle doit tout de même renforcer une ambition partagée pour accélérer la transition écologique et énergétique. Nous sommes une fois de plus à un tournant où il est essentiel de structurer et innover grâce à de nouvelles pratiques et habitudes.
Optimisation stockage de gaz pour mieux valoriser la production, contrats d'achat d'électricité (PPA) pour garantir des revenus à long terme, et autoconsommation collective pour rapprocher la production de l'usage... Au-delà des technologies, le défi est de repenser le modèle économique et encourager de nouveaux comportements.
Aujourd'hui, une chose est claire : la transition énergétique ne peut pas dépendre uniquement des cycles politiques. C'est pourquoi nous croyons au pouvoir de épargne et investissement des citoyens.
ℹ️ Saviez-vous que la biomasse solide est la première source d'énergie renouvelable en France ? Représentant plus de un tiers de la consommation d'énergie primaire renouvelable et deux tiers de l'énergie renouvelable utilisée pour le chauffage dans 2022, elle s'impose comme une solution durable qui soutient préservation des ressources forestières, biodiversité et puits de carbone.
Dans TUYAU 3, la bioénergie (dérivée de la biomasse, des biocarburants, des biocombustibles ou du biogaz produit à partir de la biomasse) se concentre principalement sur injecter du biométhane dans les réseaux de gaz.
Dans 2024, 731 installations injectaient du biométhane, représentant une capacité de 13,9 TWh par an. La France a pour objectif d'injecter 44 TWh HV par 2030 et entre 47 et 82 TWh HV d'ici 2035, conformément aux hypothèses actuelles concernant la capacité de production de biomasse à cette date.
Pourquoi cette stratégie ? Le processus d'injection est considéré plus efficace que la production d'électricité par cogénération, dont le soutien aux nouvelles installations sera bientôt supprimé. Les infrastructures existantes sont encouragées à mettre à niveau et convertir en injection, tandis que le développement de solutions de transport de bioGNV et de biométhane à la ferme continuera à être soutenu, afin de mieux valoriser fumier de bétail et résidus de récolte.
Ces mesures visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, optimiser la gestion de l'azote en agriculture, et limiter l'utilisation d'engrais minéraux synthétiques.
Qu'est-ce qui soutient cette expansion ? Dans le cadre de ses efforts pour production de gaz vert et renforcer souveraineté énergétique, le gouvernement français cherche à remplacer les importations de gaz fossile par une production nationale de biogaz.
Pour y parvenir, et conformément à la Loi sur le climat et la résilience, il met en œuvre mécanismes de soutien pour le biométhane injecté. Outre l'existant système de tarifs de rachat, un nouveau mécanisme extrabudgétaire est prévu pour 2026. Cela introduira un obligation de mélange pour les fournisseurs de gaz naturel, les obligeant à obtenir et à retourner Certificats de production de biométhane (CPB) à l'État. Une révision de ce mécanisme est prévue pour 2027.
N’hésitez pas à contacter le Service Relation Investisseurs d’Enerfip afin d’être accompagné dans vos démarches.
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